Jean-Clause Million, le President de l'Association Alsace Moldavie sur les projets universitaires en Moldavie 

Olga : Jean-Claude, vous êtes président de l’Association Alsace Moldavie depuis 2 ans et durant cette période de confinement où l’essentiel des activités a été suspendu, pouvez-vous nous parler des projets en préparation.

 

JC : Effectivement beaucoup de nos projets ont été stoppés par le COVID et les deux confinements successifs que nous avons vécus et que nous vivons toujours.

Au sein du bureau nous nous étions engagés sur deux accords de partenariat entre municipalités moldaves et alsaciennes qui n’ont pas encore aboutis : le retard dans les élections moldaves en 2019 a été suivi par les élections municipales françaises suspendues par la 1ère vague de COVID, une période estivale et une rechute du COVID en octobre 2020.

Nous avons également été amenés à annuler une manifestation programmée en mars dernier à l’occasion des fêtes du Martisor en mars 2020.

Toutes les mobilités entre la France et la Moldavie ont été rendues impossibles en raison de la crise sanitaire : deux de mes étudiantes françaises devaient se rendre en Moldavie en avril/mai/juin pour leur stage de fin d’année qui quelques jours avant le départ a été annulé ; elles devaient entre autre être les ambassadrices de notre association à la fête de l’Europe…

Moi-même, j’ai été contraint de reporter toutes mes missions universitaires à l’étranger.

 

Olga : Pouvez-vous nous parler de vos missions en Moldavie en tant que professeur à l’Université de Strasbourg.

 

JC : Je suis responsable d’un parcours licence et à cette occasion j’ai eu l’occasion d’accueillir plusieurs étudiants moldaves au sein de cette formation. Il était normal qu’en tant que président de l’AAM et professeur à l’Université de Strasbourg (Unistra) nous inscrivions les échanges universitaires dans les objectifs de l’association.

A ce titre j’ai sollicité la Direction des Relations Internationales pour développer des partenariats universitaires entre nos universités respectives.

Grâce à l’Alliance française à Chisinau et à son directeur E. SKOULIOS, nous avons signé avec quatre universités moldaves des accords de partenariat avec l’Unistra dans le but de développer la collaboration universitaire en l’inscrivant dans le cadre de la francophonie avec le soutien de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF).

 

Olga : Y-a-t-il quelques exemples de collaborations que vous avez engagées avec les universités moldaves ?

 

JC : Depuis 2017 nous avons accueillis à plusieurs reprises des enseignants moldaves de l’Université Alecu Russo de Balti et de l’UTM, pour des séjours d’une semaine à un mois financés par l’AUF dans le cadre de leurs activités pédagogiques et de la recherche.

L’an passé, j’ai été invité à une conférence à l’Université Agraire de Chisinau, établissement avec lequel nous avons pu organiser en novembre dernier un premier enseignement à distance sur l’entrepreneuriat.

Depuis cette année on m’a confié la fonction de coordinateur local d’un programme ERASMUS + porté par l’Université Jean Moulin de Lyon auquel sont associés des universités des pays partenaires, à savoir l’Arménie et la Moldavie.

Enfin depuis cet été je suis chargé de gérer un projet de Mobilité International de Crédit déposé par l’Unistra auprès de l’Agence Erasmus ; nous avons obtenu un financement de près de 100 000 € pour réfléchir à la promotion de « l’entrepreneuriat étudiant » avec nos partenaires moldaves, l’Université d’Etat, l’Université Technique de Moldavie et l’Université Agraire.

 

Olga : Pouvez-vous nous apporter plus d’informations sur ce programme ?

 

JC : Le programme dont le thème s’intitule « l’entrepreneuriat étudiant » est un programme sur 3 ans.

Nous allons attribuer des bourses annuelles à des étudiants moldaves pour venir suivre une formation diplômante à l’Unistra dans le domaine de la création d’entreprise.

D’autres bourses sur 5 mois seront accordées à des étudiants, de jeunes chercheurs de Moldavie qui viendront à Strasbourg pour développer leur projet de création d’entreprise. Un comité de sélection composé de professeurs français et moldaves examinera les candidatures en fonction de la pertinence des projets, de la connaissance du français et du niveau d’études.

Comme les échanges doivent se faire dans les deux sens nous prévoyons également des stages pour des étudiants français dans les entreprises en Moldavie.

Il importe aussi que les enseignants puissent se rencontrer pour construire des curusus d’enseignement et d’accompagnement favorisant l’esprit entrepreneurial chez les étudiants ; des échanges d’expérience sont nécessaires, les bonnes pratiques sont à identifier, les réussites sont à révéler et à valoriser.

 

Olga : Pourquoi l’entrepreneuriat en Moldavie ?

 

JC : La création d’entreprises et le développement des petites sociétés est fondamentale pour la stabilité et la dynamique économique d’un pays. La France fait partie des pays pionniers en la matière. De nombreuses innovations juridiques, institutionnelles, pédagogiques… ont hissé l’entrepreneuriat comme une priorité non seulement pour l’environnement économique et social mais aussi au niveau de l’enseignement.

En Moldavie si les grandes entreprises (souvent étrangères) assurent une partie non négligeable des embauches, cette dépendance peut générer une instabilité au niveau du marché du travail en raison des phénomènes de délocalisation et de relocalisation. Elles posent également un problème quant à la juste répartition de la valeur créée dans le pays entre les acteurs locaux et les propriétaires étrangers.

L’existence d’un réseau de PME est indispensable et profitable à l’essor et l’indépendance économique d’un pays comme la Moldavie. Ces petites entreprises créées par des jeunes moldaves, assureront la revitalisation du tissu industriel et permettront un maintien des compétences au pays. La formation universitaire dispensée à cette jeunesse volontaire et ambitieuse pourrait donnera naissance à des firmes à haute valeur ajoutée et pas simplement aux traditionnelles activités de sous-traitance à bas coûts.

Au-delà de la mise en place de structures d’accompagnement (incubateurs, fablabs, pépinières…), les universités locales appuyées par l’AUF et des partenaires d’enseignement supérieur étrangers, auraient la mission essentielle de mettre en place des formations développant l’esprit et la pratique entrepreneuriale tout au long des cursus universitaires. L’implication d’acteurs économiques comme la Chambre d’Industrie et de Commerce France Moldavie servirait de relais pour faciliter des liens entre des entreprises établies et installée avec ces jeunes start-up pour leur proposer des opportunités d’affaires, des collaborations et des possibilités de prospection dans l’Union Européenne. Compte tenu de la taille de la Moldavie, les perspectives de croissance des entreprises moldaves passent indubitablement par des exportations.

Sans une dynamique entrepreneuriale, la survie et la prospérité économique du pays semblent compliquées.

 

Olga : En quoi l’Association Alsace Moldavie peut être concernée par ce type de projet ?

 

JC : La réponse à cette question se trouve en partie dans l’analyse du projet par l’expert l’Agence Erasmus que je cite « Ce projet est cohérent avec les enjeux territoriaux locaux. En effet, la présence à Strasbourg de l’Association Alsace Moldavie et la Représentation de la Moldavie au Conseil de l’Europe donne du sens au partenariat. La thématique d’échange est ciblée sur l’entrepreneuriat. Il est clair que ce projet participe au développement de l’usage du français dans l’enseignement supérieur en Moldavie ».

L’Association Alsace Moldavie a un rôle important comme relai de communication sur les activités menées. Quel intérêt de concevoir et de réaliser des projets s’ils ne sont pas partagés et portés à la connaissance du plus grand nombre ?

L’association à travers ses membres, va aussi être un point de rencontre et de soutien pour les jeunes entrepreneurs moldaves qui souhaitent découvrir le pays mais aussi se faire des relations dans le but de rencontrer d’éventuels partenaires français ; la diaspora moldave installée en France de longue date, les citoyens français amis de la Moldavie, à des degrés différents, peuvent servir de premiers contacts à travers leurs propres réseaux personnels.

Il s’agit bien sûr d’un projet qui s’inscrit dans le long terme, qui ne peut réussir que si une communauté associative s’engage où l’implication de toute et tous solidairement et individuellement est important.

Cette mission ne s’inscrit-elle pas dans l’ADN de notre association qui est de rapprocher les alsaciens et les moldaves ?

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Un entretien exclusif

de Bruno VANNEL                    (BONGARD)

 

 

 

 

 

 

 

Bruno VANNEL pouvez-vous nous présenter BONGARD ? Quels sont les activités et le métier de cette entreprise ?

Quelle place occupez-vous dans cette organisation ?

 

L’entreprise alsacienne BONGARD a été créé en 1922. De petite entreprise familiale produisant des fours de boulangerie, elle est devenue une grosse PME généraliste et leader pour le matériel de boulangerie et de pâtisserie.

Aujourd’hui BONGARD est adossée à un groupe italien spécialisée dans les « équipements de bouche ».

Disposant de 4 usines de production, BONGARD exporte dans 90 pays. La maison mère et la production des fours sont installées à Holtzheim dans la banlieue de Strasbourg ce qui confére une forte identité alsacienne. Bientôt centenaire, BONGARD a su innover avec des produits qui ont changé la vie du boulanger, « four Cervap, process Paneotrad, ressuage ».

BONGARD réalise un chiffre d’affaire de 68 millions €, dont 60% en France et 40% à l’export.

 

Pendant 25 ans, j’ai travaillé dans un groupe japonais, en vendant des équipements de production pour l’industrie textile et électronique dans le monde entier.

En 2011, je change de métier pour devenir chef de marché, chez PAVAILLER (basée à Valence), concurrent de BONGARD.

En 2015, j’intègre BONGARD qui me propose de venir en Alsace et me confie la responsabilité des marchés « russophones » (Europe centrale et orientale).

 

Comment BONGARD s’est implanté sur le marché Moldave ?

Comment décrire les caractéristiques de ce marché d’Europe Centrale ?

 

L’origine de la démarche commerciale vers la Moldavie tient à un homme, Justin LENGOMBA, ingénieur agronome diplômé de l’université de Odessa, habitant à Chisinau et de culture française.

Il faut savoir que la tradition du pain en Moldavie est profondément ancrée dans le pays. Ce n’est pas un secret de dire que les moldaves mangent du pain.

Chaque village possédait sa propre petite usine de fabrication de pain.

Fort de sa connaissance des technologies de fabrication du pain en France, notre collaborateur Justin a expliqué aux Moldaves que l’utilisation du matériel français était en mesure d’améliorer la qualité de ce produit et de proposer une diversité de pains à partir des recettes et du savoir-faire français.

Un industriel moldave a adhéré à l’idée ce qui a amené Justin à rechercher dans les « Pages Jaunes » un fabricant de matériel. Le premier à apparaître fut BONGARD et l’histoire a continué à s’écrire.

 

Le marché moldave était un marché de petit pain sans beaucoup de saveur et à forte valeur nutritionnelle. BONGARD a amené le croustillant et à modifier le comportement moldave face au pain. Très rapidement, les moldaves ont adopté le pain français et la baguette est arrivée sur les tables. Viennoiseries, pains aux différents goûts ont prolongé cette première réussite commerciale.

Les premières livraisons de fours à Chisinau, et les succès obtenus par les premières usines livrées ont généré une réelle dynamique, et la Moldavie dans son intégralité s’est mise à investir dans le matériel de boulangerie BONGARD.

 

Chaque ville dispose d’une « usine » à pain et les moldaves peuvent acheter du pain toute la journée. Le pain est acheté en supermarché, au marché ou dans de toutes petites boutiques.

Notre industriel moldave a réussi à développer son propre réseau de magasins ce qui lui a permis de vendre à de petites boutiques. Ses pains ont gagné le secteur de la restauration et des hôtels.

Le modèle de l’artisan-boulanger tel que nous le connaissons en France n’existe pas en Moldavie.

 

En introduisant la technologie française, BONGARD se devait aussi de maintenir la fabrication des produits typiquement moldave. De cette nécessité est née une collaboration entre les équipes françaises et moldaves qui a apporté à BONGARD la flexibilité indispensable pour répondre aux diverses attentes locales. Ainsi chaque fabricant moldave peut, avec le même équipement BONGARD, vendre à ces consommateurs, des produits de conception aussi bien française que moldave.

 

Que pouvez-vous nous dire de la part de marché de BONGARD en Moldavie et nous donner votre chiffre d’affaires réalisé dans le pays ?

 

Pendant plus de 10 ans, BONGARD n’a connu aucune concurrence en Moldavie. Ce petit pays ne semblait intéresser personne. Le remarquable travail de Justin, la confiance de ses clients, le service associé, la proximité de l’usine (méthode des ventes directes) permettent d’afficher encore aujourd’hui une part de marché exceptionnelle dans le milieu de la boulangerie.

 

Bongard réalise un chiffre d’affaires de 1 million d’euros par an en Moldavie. Cela peut paraître peu eu égard au 65 millions réalisés. Et même si en pourcentage cela ne fait que 1,5% cet indicateur n’est pas pertinent pour BONGARD.

A l’inverse, si l’on rapporte le chiffre d’affaires au nombre d’habitants la « petite » Moldavie, un des pays les plus pauvres en Europe, investit dans le matériel BONGARD autant que la Région Grand Est en France. C’est effectivement un vrai sujet de réflexion digne d’une étude de cas de management stratégique.

 

Quelle démarche commerciale avez-vous adoptée en Moldavie ?

 

Depuis 16 ans la stratégie développée par BONGARD qui tourne autour des 3 axes : servir, sécuriser, développer, concerne la Moldavie au même titre que les autres pays.

Servir : BONGARD a formé une équipe de technicien capable d’installer et de dépanner les équipements en moins de 24 heures. Ce délai est facilement tenable pour la Moldavie compte tenu de la distance.

Sécuriser : chez BONGARD tout nouveau prospect ou ancien client est invité à venir assister à des démonstrations, des formations, des visites de boulangeries, sans oublier la découverte de l’Alsace. Nous n’hésitons pas à mélanger les groupes issus d’horizons différents, (même si les moldaves aiment à se retrouver entre eux) peu importe la taille de l’entreprise.

Développer : chaque année, nous participons à la foire Food and Drink avec un stand de 160 m2. Nous profitons de cet événement pour organiser des événements marquants annoncés à l’avance. Quelques exemples : production de 14.000 pains en 3 jours avec du matériel d’une petite boulangerie, production d’un sandwich de 50 mètres et invitation d’un orphelinat à venir le manger sur le stand.

 

Quelles sont les conséquences du COVID pour BONGARD ?

 

Avec notre réseau de vente sur 90 pays, nous avons compris très vite que la situation allait être critique. Nous avons rapidement sécurisé notre réseau de sous-traitants et dès le mois de février, notre « supply chain » a travaillé de façon à accroître nos stocks de pièces et de machines.

Notre usine en Italie a pu continuer à produire et nous avons réussi à assurer une liaison par camion entre l’Italie et l’Alsace. Pendant le confinement, sur la base du volontariat les usines sont restées ouvertes. Nous avions visé un maintien de 30% de nos activités. Ainsi nous avons pu produire, livrer et facturer avec une fonction administrative en télétravail.

 

Comment se sont passés les échanges avec la MOLDAVIE ?

 

Étrangement la Moldavie est un des rares pays qui a continué à investir durant cette période de crise sanitaire.  Nous avons enregistré des commandes que nous avons pu honorer et livrer. Je dirai… des mois d’une activité normale.

 

Compte tenu de la situation géo-politique de la MOLDAVIE (hors UE ; positionnement politique incertain…) comment BONGART envisage-t-il d’accompagner ses clients dans leur prochaine reprise d’activité ?

 

Nous ne voulons pas contrôler le commerce de nos clients, c’est leur affaire. Par contre nous pouvons soulager leur BFR (besoin en fonds de roulement) et leur éviter une asphyxie de leur trésorerie.

Dans les métiers de nos clients, la période critique se situe généralement 6 mois après l’ouverture. Nous anticipons et mettons en place, des conditions de paiement privilégiées, pour permettre à nos clients de ne pas dégrader leurs liquidités.

Aucune assurance-crédit ne couvre la Moldavie, c’est nous qui prenons et assumons les risques… mais c’est une caractéristique essentielle du métier d’une entreprise exportatrice. C’est peut-être aussi pour cela que n’avons pas beaucoup de concurrents en Moldavie !

 

Si la situation de la Moldavie, j’intègre également la Transnistrie, peut sembler particulière par rapport à un autre pays européen, n’oublions pas que nos clients vendent un produit alimentaire et que se nourrir est essentiel et récurrent. Nous avons pour habitude d’accompagner nos clients partenaires en surveillant régulièrement leur niveau d’activité ; nous leur apportons un service de formation, des conseils et un soutien dans le développement des produits.

Au sein de notre équipe moldave, nous avons formé un boulanger qui est venu plusieurs fois en France, apprendre différentes méthodes de panification. Depuis mars, il intervient comme consultant externe chez nos clients et c’est un service gratuit.

Lui-même bénéficie du soutien métier de nos boulangers experts. Nous avons pu mettre à profit le ralentissement chez certains de nos clients pour leur proposer des visites techniques gratuites.

 

Quels sont les attraits du marché moldave et ses difficultés ?

 

Les moldaves ont l’esprit entrepreneurial, ils aiment porter des projets et nous ne sommes qu’un « support » pour les accompagner dans leur réalisation. L’avantage dans la boulangerie est un ROI (return on investment) qui fait rêver, associé à une enveloppe d’investissement basse ; les moldaves sont des partenaires qui savent compter et des entrepreneurs qui ont le sens des affaires…

 

L’industrie de panification va devoir trouver de nouveaux marchés. Par rapport aux autres pays européens, les entreprises moldaves ne peuvent pas exporter le pain facilement. C’est une question organisationnelle et exporter est un vrai métier ; ce métier ils ne l’ont pas encore totalement intégré même si certains commencent à se tourner vers l’Ukraine.

 

Quel est le choix de BONGARD : renforcer ou réduire sa présence sur ce marché spécifique ?

 

Nous allons continuer à developper le marché moldave. Je n’en dirai pas plus pour le moment.

 

Quelles sont les perspectives d’une de la sortie de crise sanitaire pour le marché de la boulangerie en MOLDAVIE?

 

L’investissement ne s’est jamais arrêté. Le « caractère moldave » a amené nos clients à continuer à travailler ; cela a aussi été l’occasion pour eux de réfléchir à l’organisation de leur production.  

Nous avons apprécié d’être souvent associés à ces réflexions ce qui nous a permis de projeter de nouvelles implantations sans pour autant nous ingérer dans leurs affaires.

Simplement nous sommes conscients que le niveau de salaire est bas, et que la notion de panier moyen n’a pas beaucoup de sens. Nous sommes très attentifs au niveau de chômage qui se traduit comme un frein à la consommation.

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Venir étudier en France -temoignage d'une etudiante moldave en France

     Tôt ou tard dans sa vie, chaque personne se pose la question : Quel métier choisir ?". C’est une interrogation importante à l'âge de l'adolescence. Une question additionnelle est le choix du pays dans lequel continuer ses études, mais le plus important est de savoir comment procéder si on veut réussir dans son nouvel environnement.

Après m’être renseigné auprès de plusieurs spécialistes et avoir consulté différentes sources d’information universitaires nationales ainsi qu’internationales, mon choix d’études s’est porté sur la France. Avec une histoire millénaire, étant l'un des pays majeurs de l'époque moderne à avoir concrétisée une expérience démocratique, ayant une riche tradition culturelle et un des niveaux de vie les plus élevés du monde, la France représente le 4ème pays d'accueil des jeunes étudiants de la République de Moldavie en termes de mobilité internationale. En outre, ce pays a un programme universitaire en droit bien développé. C’est ce programme que je voudrais suivre à l’Université Franche-Comté, Belfort, car je suis intéressée dans l'histoire et la justice, mais aussi dans la communication, les langues étrangères et l'écriture d’articles sur des thèmes sociaux.

Depuis la première année d'étude à l'Alliance Française en Moldavie et après plusieurs présentations sur les études en France faites par M. Giovanni Cavallaro, chargé de mission linguistique, responsable Campus France, mon désir de continuer mes études en France s'est renforcé.

Mon parcours dans l'étude de la langue Française n'était pas simple car à la fin du collège c'était une langue inconnue pour moi.  Après deux années d’apprentissage au lycée j’ai suffisamment développé les connaissances linguistiques ainsi j'ai participé à l’olympiade nationale de la langue française en Moldavie. L'année dernière j'ai réussi l'examen de français DELF B2.

Grâce à Campus France Moldavie, mon rêve est en voie de réalisation. Avec l'aide de M. Giovanni Cavallaro, j'ai préparé tous les documents nécessaires pour l'admission et ma candidature a été déposée aux universités choisies. Le dossier d’inscription administrative comprend les documents suivants: les pièces d’identité, le relevé de notes au cours de  trois dernières années scolaires, les diplômes scolaire et extra-scolaire ainsi que la traduction et la légalisation de la diplôme de BAC.

Malgré les problèmes apparus dans le contexte de COVID-19, la France attend ses étudiants. Même si cette année les examens de Baccalauréat ne se sont pas déroulés en Moldavie à cause de la nouvelle épidémie sanitaire, les élèves ont obtenu un diplôme valable internationalement.

La sélection d’étudiants moldaves pour étudier en France se fait moins sur la performance des notes reçues pendant les années de lycée, mais plus sur l’examen de la langue française qui est indispensable dans cette démarche. Un niveau de Français B2 est requis afin de pouvoir aller étudier en France.

Maintenant, j'attends avec impatience mon départ dans la région Franche-Comté. Plus de 40% de cette partie de la France est boisé, avec plusieurs ruisseaux et paysages de montagne pittoresques. Les petites villes avec l'atmosphère authentique Française sont ma destination pour mes trois prochaines années.

Arrivée là-bas, j'aurais besoin d'une aide occasionnelle de la part des étudiants pour effacer la barricade linguistique, mais aussi pour toutes les démarches administratives requis pendant, au moins, la première année. Je suis consciente que les difficultés persisteront partout, mais je suis sûre que je réussirai, car les membres de Campus France sont toujours avec nous, les étudiants internationaux en France.

Le but de mes études en France est d’enrichir mes connaissances dans le domaine du droit mais aussi les compétences linguistiques et culturelles.

En effet, une telle expérience me donnera la chance de connaître des nouvelles personnes; de me développer et m'affirmer comme personnalité.

VLADA M.